Témoignage de Gwennoline : apprendre à faire avec …

Comme toute nouvelle venue je me dois de me présenter : je m’appelle Gwennoline, je suis doctorante en 2ème année de Thèse, j’ai 26 ans et … ma taille de soutien gorge correspond à un 90H.
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Holidays BraC’est une façon un peu courte et réductrice de dire ce que je suis mais il me semble que, pour un premier article sur un site dédié aux poitrines des femmes, cela fasse l’affaire. Je crois même que c’est ainsi que je me suis présentée dans mon tout premier mail à l’équipe du blog ! Je pense être bien d’autres choses, comme tout le monde, mais c’est certainement la caractéristique physique qui se voit le plus chez moi.
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Car, malheureusement, surtout dans la société actuelle, c’est bien à partir de nos caractéristiques physiques ou psychologiques que les autres nous attribuent une identité, qu’on le veuille ou non. C’est ainsi qu’on se retrouve, bien malgré soi, à être la grande du groupe, la rigolote, la petite, la ronde ou, dans mon cas, celle à la forte poitrine. On est avant tout un corps, une image et on se laisse facilement (et souvent à contrecœur) définir par ces caractéristiques.
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Ma poitrine a fait parler d’elle assez tôt : j’ai démarré l’aventure avec mes deux seins dès l’âge de 9-10 ans, dans une famille où, majoritairement, les femmes ont de petits seins. Avec le recul, j’excuserais presque les moqueries de mes camarades de l’époque. C’est sûr que des seins à ce si jeune âge et surtout me voir me débattre avec des soutiens-gorge si tôt, cela devait étonner ou amuser bon nombre de mes camarades, assez pour en devenir méchants à mes oreilles. La toute première réflexion a dû me faire rire, mais leur insistance est très vite devenue blessante.
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Comme une grande partie des jeunes filles qui se retrouvent dans le même cas que moi, mes seins sont devenus, au collège, un sujet de moqueries pour les camarades de mon âge alors que les élèves plus âgés réagissaient différemment. J’ai été « victime » de mes camarades dès le CM2 ; je me rappelle encore ce cours de natation durant lequel j’entendais leurs remarques plutôt vexantes qui fusaient alors qu’ils étaient assis au bord du bassin et que j’étais dans l’eau en pleine évaluation, notée par un professeur qui semblait hermétique aux moqueries dont j’étais l’objet.
Et puis, cela a continué pendant toutes mes années au collège, souvent en cours de sport d’ailleurs. Ces moqueries enfantines ont pris, avec le temps, un caractère plus sexuel et sont vite devenues de plus en plus dérangeantes pour l’adolescente que j’étais.
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Bactrian Camel (Camelus Bactrianus) Des camarades sont même allés jusqu’à me donner le « sympathique » surnom de « chameau »… ma poitrine se rapprochait donc de la caractéristique du chameau pour eux. Je n’étais plus qu’une paire de seins, avec la réputation peu vertueuse qu’on attribue souvent à une fille à forte poitrine.
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Alors comment réagit-on à l’adolescence, quand on a souvent tous du mal à apprivoiser notre nouveau corps, notre nouveau « soi »? Tout simplement, je me suis cachée ; ma saison préférée est devenue l’hiver parce que c’est bien pratique un gros pull pour camoufler sa silhouette! Je me suis donc fait dispenser des cours de piscine et je me suis bien gardée de tenter tout type de performance en cours de sport. Ainsi, mes années lycée se sont plutôt « bien » passées, sans que je me souvienne de remarques blessantes particulières.
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Mes premières années d’études se sont poursuivies de la même façon, surtout me cacher, me faire oublier! En me camouflant autant, inutile de vous avouer que je n’aimais pas particulièrement mes seins, je tentais de les oublier mais sans jamais parvenir à les détester.
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Mes parents se sont quand même très vite rendus compte de mon mal-être et ont cherché (parfois avec maladresse parce qu’ils ne pouvaient s’empêcher de se sentir responsables) à trouver une solution pour me soulager un peu. Ils se sont même renseignés au sujet des réductions mammaires dont ils n’avaient eu que des échos plutôt positifs et étaient prêts à demander consultation auprès des meilleurs chirurgiens dans ce domaine. Je n’ai jamais osé me renseigner moi même, parce que bon, même si je ne leur vouais pas un amour énorme, ces seins étaient à moi, ils faisaient partie de moi et je me posais la question de savoir si je serais la même personne sans eux. La réponse, qu’elle soit positive ou négative, me faisait peur de toute façon.
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Si les autres nous identifient à travers nos caractéristiques physiques et nous réduisent à elles seules, nous-mêmes, pendant toutes ces années à tenter de nous habituer à notre nouveau corps, nous finissons tant bien que mal à nous faire à notre image et à ces caractéristiques. Dans ma tête, pour résumer, je me voyais et je me vois avec une forte poitrine.
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CK1-PrincessJe ne me souviens plus de la façon dont je me suis intéressée à  la « vraie » lingerie, celle qui soutient à merveille et qui ne ressemble pas à la lingerie « de mamie » des supermarchés. Mon déclic a été la marque « Curvy Kate ». Je voyais enfin des filles avec des formes, avec des seins, souriantes, et qui portaient de la magnifique lingerie, délicate, colorée et hyper féminine. Ma première commande sur leur site a été un véritable électrochoc : j’avais enfin de vrais beaux soutiens-gorge qui soutiennent à merveille et Dieu sait que ça change une silhouette et la façon de se tenir!
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Et depuis, j’avoue que oui, j’ai une forte poitrine, et que ça restera ainsi! Et les regards ont changé. Ces regards qui peuvent être pesants parfois, celui des hommes. Les hommes se mettent à fixer ma poitrine, pas toujours discrètement. Au début c’est dérangeant… ça nous rappelle ce qui nous caractérise aux yeux d’autrui… puis avec le temps on s’y fait. Je ne m’en préoccupe même plus en retour; je ne les vois plus.
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Mais en aucun cas je ne vais  camoufler ma poitrine comme j’ai pu le faire par le passé. Pour être franche, ce regard masculin n’est pas toujours pesant et il m’arrive parfois de le trouver plaisant. Quand cela ne dépasse pas certaines limites, il est plutôt agréable de s’entendre dire qu’on a une belle poitrine! Cependant tout n’est pas gagné, je ne suis pas encore 100% confiante.
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eng_pm_SM-Pompadour-malinowa-456_2Finalement, c’est comme en amour : on aimerait voir la personnalité de l’autre avant tout, mais ce que l’on voit en premier, c’est bien son image. Certaines femmes ont de longues jambes, d’autres ont des seins plus importants que d’autres. Notre identité personnelle est définie en partie par cette image, par nos caractéristiques.
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Il faut faire avec ! Et j’apprécie de plus en plus ce nouvel élan qu’on peut voir sur internet : on a un corps et on peut l’aimer comme il est. Et en quoi est-ce que c’est mieux d’être la grande élancée plutôt que la fille « curvy », ou la fille à la « belle » poitrine? En mettant en valeur nos caractéristiques physiques, qui nous rendent uniques, qui nous donnent notre image, nous sommes totalement Nous et c’est à ce moment que la vie devient intéressante.
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C’est l’attitude que j’ai décidé d’adopter !

5 thoughts on “Témoignage de Gwennoline : apprendre à faire avec …

  1. Très jolie article concernant votre(ton ?) parcours. Je ne peux pas m’en rendre compte mais la vie d’ados n’est pas simple pour quiconque et faut savoir faire avec les autres qui se croient « normal ».

    Il n’empêche, l’histoire du chameau m’a énormément fait rire. Pas de moquerie, rassurez-vous. Juste comment on peut faire un parallèle entre une poitrine et les bosses d’un chameau ? C’était fun a lire même si a le vivre, ça devait pas l’être j’imagine :-S

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